Nalbandian – The Ethiopian

Ethiopiques 32
Sortie le 5 décembre 2025
Label: Ethiopiques / Buda Musique
éthiopiques 32 – NALBANDIAN l’Éthiopien
Either / Orchestra feat. Ethiopian Guests

L’Éthiopie est ici au milieu des années 1950, au début des années 1960, à la veille de l’éclosion, ou plutôt de l’explosion du Swinging Addis. Rock’n Roll, Rhythm and Blues, Soul et Twist n’ont pas encore fait irruption et l’on baigne dans l’atmosphère big band d’après-guerre dont In the mood de Glenn Miller figura durablement l’hymne planétaire, à parité avec la vogue latine à la même époque. Mais la joie de vivre d’après-guerre est déjà là, avec la paix retrouvée après la terrible invasion italo-fasciste (1935-1941). Le redéploiement de la musique moderne fait pleinement partie de la reconstruction. C’est d’abord la génération des jeunes parents des baby boomers qui savoure cette résurrection, avant que ces derniers ne prennent le relais en électrisant définitivement la bande son de la fin de règne impérial.
Ce sont des apatrides d’origine arménienne, Kevork Nalbandian, et surtout son neveu Nersès, qui vont contribuer à révolutionner la musique éthiopienne moderne. Il faut le souligner avec force, le grand parrain historique de cette musique est un émigrant Arménien, profondément éthiopianisé, Nersès Nalbandian – Moussié Nersès –, Nalbandian l’Éthiopien.
Orgie de cuivres, discipline bien comprise, innovations sans relâche et pédagogie révolutionnaire feront le reste, dès 1955. Ces étrangers qui composeront deux hymnes nationaux éthiopiens et un hymne continental (rien moins que l’hymne de l’O.U.A – Organisation de l’Unité Africaine), sont aussi et surtout la véritable origine de ce qui deviendra le Swinging Addis des années 1960. Nersès se verra conférer la nationalité éthiopienne en 1957 pour services rendus aux musiques d’Ethiopie.
Avec le concours primordial des Bostoniens de l’Either / Orchestra, cet enregistrement représente le chaînon moderniste initial qui manquait jusqu’à présent dans les éthiopiques.