Yessaï Karapetian

Yessaï
Sortie le 28 janvier 2022
Label: Kyudo Records
YESSAÏ est le premier album solo du pianiste et compositeur franco-arménien Yessaï Karapetian. Après des prestations live remarquées avec Guillaume Perret (A Certain Trip, 12 levers de Soleil) ou au sein du trio ONEFOOT – pionnier d’un jazz “next gen” français (réécoutez Mektonized) -, Yessaï Karapetian vole désormais de ses propres ailes, bien décidé à faire des étincelles.
YESSAÏ est le premier album solo du pianiste et compositeur franco-arménien Yessaï Karapetian.

Après des prestations live remarquées avec Guillaume Perret (A Certain Trip, 12 levers de Soleil) ou au sein du trio ONEFOOT - pionnier d'un jazz "next gen" français (réécoutez Mektonized) -, Yessaï Karapetian vole désormais de ses propres ailes, bien décidé à faire des étincelles.

Magnétiques et puissantes, les 9 compositions de l’album prennent autant aux tripes qu’aux cortex. Des « morceaux » d’art souvent fascinants, parfois déroutants, mais toujours virtuoses. 9 titres portés par une dream team de haut niveau, qui entoure le musicien en studio et en live. A la basse, on retrouve Marc Karapetian, le frère du leader, qui enregistre et se produit également avec l’inégalable Tigran Hamasyan. Théo Moutouofficie à la batterie, tandis qu’on se délecte des notes du guitariste Gabriel Gosse (un génie que l’on retrouve chez Christian Scott, Eddy de Pretto ou encore Katerine). Le saxophoniste Mounir Sefsouf vient compléter la formation cosmopolite et iconoclaste imaginée par Karapetian. Cinq jeunes musiciens français à l’état d’esprit conquérant, originaires d'Arménie, de Guadeloupe, de la Réunion et d'Algérie, rencontrés sur les bancs du CNSMDP, et pour qui la musique et l’humain ne font qu’un.

Dans ce premier opus, Yessaï Karapetian offre donc au public une œuvre intense, cohérente, presque spirituelle, entre ombre et lumière, empreinte de beauté et de mélancolie. « Cela m’a pris 6 ans pour trouver la formule idéale, confie le pianiste. J’ai testé des douzaines de formations, du trio au nonet ; des instrumentations électriques, acoustiques, en passant par l’instrumentarium issu des musiques traditionnelles arméniennes aux productions purement électro. Cela m’a hanté jusqu’à ce que je trouve la forme et les complices idéals. Comme c’est bien souvent le cas, les problèmes et les blocages sont dans ma tête. Je dois combattre mes propres démons, mes “doppelgängers” (un thème exploré dans le premier single de l’album, Doppelganger10) pour pouvoir me libérer et avancer. Quand j’ose leur faire face, les solutions se découvrent d’elles-mêmes miraculeusement. Cet album documente ce processus ».

Une partie de cette quête a conduit Karapetian aux États-Unis, où il a passé un an au prestigieux Berklee Global Jazz Institute, et où il a beaucoup appris aux côtés de grands noms tels que Danilo Perez, Joe Lovano, John Patitucci, Terri Lyne Carrington, Dave Liebman et bien d'autres. Cette expérience fut décisive : « Ma relation avec eux a profondément influencé la façon dont j'ai envisagé ce projet - la forme, le jeu, la direction, et la philosophie qui le sous-tend », explique le compositeur. Lors de son année bostonienne, Yessaï Karapetian fut double lauréat dans la catégorie étudiant du prestigieux DownBeat Magazine en tant que soliste ET compositeur de l’année, tout en remportant avec son quintet le prix du Concours National de La Défense Jazz Festival, de l’autre côté de l’Atlantique.

L’album YESSAÏ a été produit par ONEFOOT, composé du batteur Matthieu Font, du bassiste Marc Karapetian et du leader du groupe Yessaï Karapetian. Le légendaire Studio CBE à Paris, où l'album a été enregistré, a également joué un rôle clé dans le processus créatif. « Puisque j'allais enregistrer à Paris, j'ai décidé que mon album devait sonner français, explique Karapetian. Ayant déjà travaillé au Studio CBE en tant que musicien pour des projets pop, mon choix s’est naturellement porté sur cet endroit. L'histoire et la signature sonore de ce studio sont incroyables, véritablement uniques. J'ai toujours rêvé d'y enregistrer ma propre musique. Sincèrement, je pense que l'album n'aurait pu être réalisé nulle part ailleurs. »

Enregistrer un album de jazz dans un studio connu pour ses productions pop, il fallait oser. Mais le pianiste a de la suite dans les idées et il est même allé encore plus loin dans sa singularité et son goût pour l’aventure en souhaitant enregistrer les 9 titres en « live », avec tous les musiciens dans la même pièce, et directement sur bande, comme les albums de Rudy Van Gelder avec lesquels il a grandi. « Je remercie beaucoup le label d'avoir accordé sa confiance à ce projet. La pop française qui rencontre Rudy Van Gelder, ça aurait pu très mal finir… Mais c'est ça le jazz, non ? Sauter d'une falaise sans parachute, pour pouvoir voler et réaliser l'impossible devant tout le monde (ou seulement devant Dieu). En tout cas, c'est ce dont parle mon disque. »

A mi-chemin entre Christian Scott et Sébastien Tellier, le très efficace premier single Doppelganger10 met en scène le côté sombre du pianiste. Tout le son et l’esprit de l’album sont concentrés dans ce titre jouissif, aux accents psychédéliques. Le saxophoniste Mounir Sefsouf et le guitariste Gabriel Gosse portent la mélodie - fluide, mélancolique, entêtante, et profondément vibratoire.

Mais la véritable histoire de ce morceau se situe aux intersections, dans une série d'interludes enflammés dirigés par Karapetian lui-même. Bien qu'il réserve les feux d'artifice techniques pour d'autres chansons, en particulier l’incroyable TI(M)ES, l'intensité de Doppelganger10 est à son comble lorsque Gabriel Gosse se lance dans un solo qui fera date.

Jouée pour la première fois avec ONEFOOT, la chanson Invisible Moon – à l’intitulé très Radioheadien - est une composition puissante inspirée du quartet d’Oxford, tantôt sombre, tantôt indubitablement triomphante. Ici, comme dans la plupart des œuvres de Karapetian, les sensations s'entremêlent. « En composant la mélodie, j’ai imaginé ce que Thom Yorke chanterait sur ces accords », ce qui, après plusieurs écoutes, n'est pas surprenant. Au fil des notes, la formation de Karapetian fait grimper l'intensité puis décolle carrément sur un solo éblouissant de l'altiste Mounir Sefsouf - l'un des nombreux climax du disque.

Dernier Madrigal clôture en beauté le premier album du pianiste franco-arménien. Une conclusion sous forme d’hymne, à l’élégance cinématographique. A l’origine interprété avec un orchestre symphonique, le titre s’est offert un relooking gagnant. La mélodie, lumineuse à souhait et pleine d’espérance, est sublimée par un magnifique solo final signé Karapetian. Là, le groupe est à son apogée, et impressionne dans sa précision. Après 8 compositions pleine d’oscillations, en quête d’un nouvel absolu, ce 9e titre offre une remarquable démonstration de clarté, et la sensation d’avoir vécu un moment de grâce.
TRACKLIST

Leçon de Ténèbres (5:17)

Invisible Moon (4:27)

Doppelganger10 (4:42)

TI(M)ES (5:05)

Her, the Unknown (3:34)

CR7 (3:43)

Seth (3:31)

The Impartial Bear (2:00)

Dernier Madrigal (6:52)

CREDITS

Théo Moutou : Batterie

Marc Karapetian : Basse

Gab Gosse : Guitare

Mounir Sefsouf : Saxophone

Yessaï Karapetian : Piano

Compositions de Yessaï Karapetian - "The Impartial Bear" de Marc Karapetian

Réalisateur ONEFOOT (Matthieu Font, Yessaï Karapetian, Marc Karapetian)

Producteur Jean-Guillaume Selmer

Enregistré du 16 au 20 mai 2021 par David Mestre au studio CBE, Paris, France

Mixé par Marc Karapetian à la maison

Mastérisé par David Mestre au studio CBE, Paris, France