Thomas Kahn
Undertones
Sortie le 25 septembre 2026
Label: Caramba Records
Thomas Kahn, chanteur à l’histoire personnelle chargée d’émotions fortes, est reconnu pour son timbre de voix unique et ses qualités d’interprète. Habité par la soul, il retrouve dans cette musique les valeurs de transmission, de sensibilité, de chaleur et les contes de la vie ordinaire. Sa voix rappelle quelques intonations épicées d’Otis Redding ou encore Lee Fields et sur un registre plus calme, c’est Ben Harper qui s’invite dans l’imaginaire de l’auditeur. Son univers est également marqué par le reggae avec lequel Thomas Kahn s’est construit ; The Gladiators et leur mythique bassiste Clinton Fearon, Patrice, Toots ou encore Ken Booth dont la voix et le soul spirit tombent fort logiquement dans les gammes de sa formation vocale.
Il y a eu l’avènement, puis il y a eu l’épreuve. Si This Is Real marquait en 2022 l’acte de naissance d’un artiste capable de naturaliser la Soul sur les terres volcaniques de l’Auvergne, ce nouvel opus est le manifeste d’une résurrection. Et aujourd’hui, Thomas Kahn ne se contente plus de marcher dans les pas des géants de Memphis ou de Philadelphie ; il habite désormais sa propre géographie, celle d’un homme qui a dû réapprendre l’usage de sa propre voix pour ne pas perdre son âme. Le point de bascule se situe quelque part entre deux tournées, au bout de soixante-dix dates menées tambour battant, là où le corps finit par présenter l’addition. « Mon corps a dit stop. Sur la tournée, j’avais un petit garçon qui ne dormait plus, je ne dormais pas non plus, et comme je donne tout sur scène, j’arrivais crevé dès la troisième chanson », se souvient-il. La sanction tombe : une opération des cordes vocales en septembre 2024, suivie d’une année de silence et de rééducation. Cette parenthèse de solitude, Thomas l’a transformée en une cellule de crise créative. Dans le secret de son studio, les murs se sont couverts de textes et de schémas, une véritable traque obsessionnelle pour retrouver l’étincelle primaire, celle qui justifie que l’on se mette à nu devant un micro.
Car Thomas Kahn est, avant la scène, un enfant du rock indé et du graphisme. Cette première vie de « visuel » a forgé son rapport à la musique : il conçoit ses morceaux comme des affiches, avec un sens aigu de la composition, de l’équilibre et du contraste. Longtemps, il a utilisé la colère comme unique combustible avant de comprendre que son intériorité exigeait une expression plus organique, plus vulnérable. Ce passage du rock à la Soul fut une initiation de près de quinze ans, du métro parisien aux scènes nationales. Pour lui, la Soul est une épreuve de vérité, un détecteur de sincérité qu’il a appris à dompter en écoutant les maîtres : l’incarnation absolue d’un Otis Redding, la maîtrise transcendante d’un Al Green ou la profondeur d’un Charles Bradley. « Otis reste ma référence, un gars habité à 200%. Pour moi, il faut la vibration. Si un artiste me chope sans en faire trop, ça me suffit », confie-t-il. Cette quête du frisson l’éloigne des sentiers battus de la variété française pour le rapprocher de l’interprétation habitée d’un Jacques Brel, l’un des rares capable de lui « filer les poils » par la seule force de l’incarnation.
Fidèle à sa tribu — une section rythmique et des complices qui le suivent depuis plus de dix ans — il a bâti ce nouveau répertoire avec une exigence de « fondation » quasi architecturale. « J’ai besoin de kicks costauds et de basses profondes. J’aime être drivé par ça, il faut que la baraque tienne ». Ce son densifié et panoramique, il est allé le chercher en puisant dans la modernité de la scène actuelle : les guitares acérées de Brittany Howard, la lourdeur des subs de Jacob Banks ou l'efficacité groovy des Black Pumas. Le disque est le fruit d’un pèlerinage sonore en plusieurs étapes. Il a d’abord été forgé en Auvergne, au Black Stone Studio et Bat Records chez les orfèvres du vintage de Zentone, pour capturer la chaleur des amplis et le grain des orgues Hammond branchés sur des cabines Leslie, avant de trouver son envol final à Londres. « Qu’est-ce qui me ferait rêver tout de suite ? Je me suis dit : si on va enregistrer en Angleterre, ce serait à Abbey Road ». Sous la houlette de Laurent Dupuis, Thomas y a capturé huit titres en live session, allant chercher cette ferveur où l’élégance formelle ne bride jamais l’émotion. C’est là, dans l’antre mythique, qu’il a définitivement transformé ses traumas — du passé accidenté aux épreuves familiales — en une lumière rédemptrice. « Le morceau Hope is Gone, c’est l’image même de la soul : raconter des choses tristes avec un soleil derrière ».
Cette dualité entre l’ombre et la clarté traverse l’album de part en part, jusqu’au final incandescent de I Will Stand. C’est le récit d’un homme debout, une ligne de violon fragile qui finit par embrasser tout le spectre des fréquences pour signifier que la résilience est une fête. Sur scène, cette exigence devient une transe, un écho à la ferveur des sept mille spectateurs du festival du Bout du Monde, où l’énergie fut si puissante qu’elle imposa trois rappels à un groupe pourtant épuisé. « J’ai découvert qu’il était possible de rentrer en transe sur scène. Les morceaux sont pensés pour que ces moments de relâchement ultime soient vécus avec le public ».
Ancré dans son époque, Thomas Kahn porte également un regard fraternel sur la scène hexagonale qu’il contribue à faire briller. S’il valide le virage aux racines de Ben L’Oncle Soul ou l’arrivée fulgurante de Kimberose — qu’il décrit comme une artiste ayant ouvert une voie précieuse — il se sent proche d’artistes comme The Buttshakers dont il admire la maîtrise ou encore Tiwayo, dont il salue l’humilité et le talent brut. Pour lui, il existe aujourd’hui une scène Soul française solide.
Avec quinze ans de carrière au compteur, Thomas Kahn aborde ce chapitre avec l’humilité de ceux qui savent que rien n’est acquis. Il ne s’agit plus de se juger, mais de s’accepter. « Ce qui me fascine, c’est qu’on apprend continuellement. J’ai parfois l’impression de ne rien savoir, car il n’y a pas de routine. J’ai juste appris à me respecter plutôt qu’à me juger quand je compose ». Cet album n’est pas seulement un disque de Soul supplémentaire ; c’est le témoignage d’un interprète qui, ayant frôlé la perte définitive de sa voix, a décidé de ne plus jamais chanter à moitié. C’est la preuve par le chant que, malgré les doutes ou les silences imposés, Thomas Kahn est toujours là. Plus solide, plus complexe, plus habité. Debout, enfin.
Car Thomas Kahn est, avant la scène, un enfant du rock indé et du graphisme. Cette première vie de « visuel » a forgé son rapport à la musique : il conçoit ses morceaux comme des affiches, avec un sens aigu de la composition, de l’équilibre et du contraste. Longtemps, il a utilisé la colère comme unique combustible avant de comprendre que son intériorité exigeait une expression plus organique, plus vulnérable. Ce passage du rock à la Soul fut une initiation de près de quinze ans, du métro parisien aux scènes nationales. Pour lui, la Soul est une épreuve de vérité, un détecteur de sincérité qu’il a appris à dompter en écoutant les maîtres : l’incarnation absolue d’un Otis Redding, la maîtrise transcendante d’un Al Green ou la profondeur d’un Charles Bradley. « Otis reste ma référence, un gars habité à 200%. Pour moi, il faut la vibration. Si un artiste me chope sans en faire trop, ça me suffit », confie-t-il. Cette quête du frisson l’éloigne des sentiers battus de la variété française pour le rapprocher de l’interprétation habitée d’un Jacques Brel, l’un des rares capable de lui « filer les poils » par la seule force de l’incarnation.
Fidèle à sa tribu — une section rythmique et des complices qui le suivent depuis plus de dix ans — il a bâti ce nouveau répertoire avec une exigence de « fondation » quasi architecturale. « J’ai besoin de kicks costauds et de basses profondes. J’aime être drivé par ça, il faut que la baraque tienne ». Ce son densifié et panoramique, il est allé le chercher en puisant dans la modernité de la scène actuelle : les guitares acérées de Brittany Howard, la lourdeur des subs de Jacob Banks ou l'efficacité groovy des Black Pumas. Le disque est le fruit d’un pèlerinage sonore en plusieurs étapes. Il a d’abord été forgé en Auvergne, au Black Stone Studio et Bat Records chez les orfèvres du vintage de Zentone, pour capturer la chaleur des amplis et le grain des orgues Hammond branchés sur des cabines Leslie, avant de trouver son envol final à Londres. « Qu’est-ce qui me ferait rêver tout de suite ? Je me suis dit : si on va enregistrer en Angleterre, ce serait à Abbey Road ». Sous la houlette de Laurent Dupuis, Thomas y a capturé huit titres en live session, allant chercher cette ferveur où l’élégance formelle ne bride jamais l’émotion. C’est là, dans l’antre mythique, qu’il a définitivement transformé ses traumas — du passé accidenté aux épreuves familiales — en une lumière rédemptrice. « Le morceau Hope is Gone, c’est l’image même de la soul : raconter des choses tristes avec un soleil derrière ».
Cette dualité entre l’ombre et la clarté traverse l’album de part en part, jusqu’au final incandescent de I Will Stand. C’est le récit d’un homme debout, une ligne de violon fragile qui finit par embrasser tout le spectre des fréquences pour signifier que la résilience est une fête. Sur scène, cette exigence devient une transe, un écho à la ferveur des sept mille spectateurs du festival du Bout du Monde, où l’énergie fut si puissante qu’elle imposa trois rappels à un groupe pourtant épuisé. « J’ai découvert qu’il était possible de rentrer en transe sur scène. Les morceaux sont pensés pour que ces moments de relâchement ultime soient vécus avec le public ».
Ancré dans son époque, Thomas Kahn porte également un regard fraternel sur la scène hexagonale qu’il contribue à faire briller. S’il valide le virage aux racines de Ben L’Oncle Soul ou l’arrivée fulgurante de Kimberose — qu’il décrit comme une artiste ayant ouvert une voie précieuse — il se sent proche d’artistes comme The Buttshakers dont il admire la maîtrise ou encore Tiwayo, dont il salue l’humilité et le talent brut. Pour lui, il existe aujourd’hui une scène Soul française solide.
Avec quinze ans de carrière au compteur, Thomas Kahn aborde ce chapitre avec l’humilité de ceux qui savent que rien n’est acquis. Il ne s’agit plus de se juger, mais de s’accepter. « Ce qui me fascine, c’est qu’on apprend continuellement. J’ai parfois l’impression de ne rien savoir, car il n’y a pas de routine. J’ai juste appris à me respecter plutôt qu’à me juger quand je compose ». Cet album n’est pas seulement un disque de Soul supplémentaire ; c’est le témoignage d’un interprète qui, ayant frôlé la perte définitive de sa voix, a décidé de ne plus jamais chanter à moitié. C’est la preuve par le chant que, malgré les doutes ou les silences imposés, Thomas Kahn est toujours là. Plus solide, plus complexe, plus habité. Debout, enfin.