OqueStrada

Tasca Beat
Sortie le 5 juillet 2010
Label : Jaro
OqueStrada est la preuve que le Portugal peut aussi être à l’origine d’une musique joyeuse et dansante.

lls ont créé un son, le Tasca Beat, inspiré des tavernes de pêcheurs, de la mélancolie des adieux et de la joie des retrouvailles.

Sur scène, on voit apparaître une Tasca (l’équivalent de la Bodega espagnole) imaginaire, ou le théâtre et la musique sont intimement liés, et où le public n’est plus seulement spectateur mais devient complice à part entière.

On y entend ainsi résonner le groove du café du coin, en somme un mélange très portugais de joie de vivre et de douce nostalgie. Un son qui fusionne l’entrain des chansons populaires avec le funk, le hip hop ou le ska, un esprit frondeur, et un mélange inédit d’instruments – guitare portugaise, accordéon, bassine bricolée en contrebasse ou étonnante “chaise à percussion”… Tasca Beat, c’est également le nom de leur premier album, sorti en 2010 en France (L’Autre Distribution).
Pour peu qu’on trouve le juste tempo, on est parfois prophète en son pays. Issus des banlieues lisboètes, les cinq d’OqueStrada ont écumé sept années durant les bals et les cafés du bout de la péninsule, avec leur swing cosmopolite et plein de fraîcheur.

Mené par la pétillante Marta Miranda, le groupe a inventé sa propre catégorie : le Tascabeat - le groove du café du coin, en somme -, un mélange très portugais de joie de vivre et de douce nostalgie. Un son qui fusionne l’entrain des chansons populaires avec le funk ou le ska, un esprit frondeur, et un mélange inédit d’instruments - guitare portugaise, accordéon, bassine bricolée en contrebasse ou étonnante "chaise à percussion"... Tasca Beat, c’est également le nom de leur premier album, sorti en 2009. Un opus longuement mûri au fil des concerts... et un carton intégral au Portugal, qui a promu OqueStrada au rang de trésor national.

Que savons-nous du Portugal ? Ou plutôt, pourquoi connaît-on si mal ce pays si proche ? Comment se fait-il qu’il demeure en France un secret d’initiés, amoureux de cette terre d’entre-deux, mélange de chaleur ibère et de réserve atlantique, de modestie et de splendeurs passées, où les chants de l’émigration croisent les cultures immigrées de l’Angola ou du Cap-Vert...

C’est l’essence même du pays qu’OqueStrada a réussi à capturer, dans sa musique autant que dans sa démarche. Au début des années 2000, Marta Miranda rencontre Jean Marc Pablo. Née à Lisbonne, élevée dans l’Algarve et l’Alentejo, passionnée de sciences humaines, elle est actrice, joue dans les salles comme dans les rues et commence à chanter dans les maisons de fado cachées et dans les tavernes cap-verdiennes. Pablo est né en banlieue parisienne. Il a étudié le design industriel, appris le métier de charpentier, travaillé pour le cinéma et le théâtre avant de partir pour le Portugal, sans se charger de sa contrebasse. Qu’à cela ne tienne, il se confectionnera une "contrebassine" avec des moyens de fortune...

Ensemble, Miranda et Pablo imaginent un groupe qu’ils veulent "profondément populaire", un groupe de poche portatif, prêt à prendre le large ou à partir sur la route, un orchestre de poche comme son nom l’indique, qui contracte les mots "orquestra" et "estrada". Leur port d’attache, c’est un vieux cinéma d’Almada, une petite ville de banlieue qui regarde Lisbonne "a outra banda", de l’autre côté du Tage. Ils sont rejoints par Zeto Feijão, guitariste dans des groupes de rock, violoniste, et jardinier à ses heures, et par João Lima, architecte de formation et virtuose de la douze cordes, qui travaille à la création d’une "guitare portugaise électrique". Un groupe conçu comme un collectif hétéroclite et foisonnant, et qui revendique "un clin d’oeil vers le fado, un son à l’écoute d’un pays oublié, qui chante le glamour prolétaire des rues de Lisbonne et de ses banlieues". Leur parcours, ils le décident loin des studios et des modes, creusant lentement leur sillon, de village en village, de ville en banlieue, de bal en fête, de café en petit festival. À chaque fois, l’énergie d’OqueStrada emporte le public, conquis par l’art de mélanger le tango au musette, la funaná du Cap-Vert au hip-hop, ou de bondir de la bossa au disco, en anglais, en créole, en espagnol... On aime aussi leur mélange d’instruments traditionnels et de synthés sauvés de la benne à ordures, et leur façon d’alterner nostalgie et exubérance. Au fil des années, le groupe se construit un public fidèle, et se complète de Sandro Manuel, trompettiste d’harmonie, puis de l’Italien Donatello Brida, qui a troqué le piano appris dans son enfance contre un petit accordéon, et enfin de Marina Henriques, jazzwoman descendante d’une lignée d’accordéonistes. Mais patience et plaisir de l’instant, saudade et longueur de temps...Les salles affichent complet, les enregistrements pirates circulent et se multiplient dans tout le pays, la demande ne cesse d’augmenter... Et OqueStrada ne se presse pas. En guise d’explication, leur premier album tant attendu s’appelle Tasca Beat : O Sonho Português ("Le rêve portugais"). Bienvenue au pays où les rêves prennent leur temps !

(texte récupéré sur le site de Paris Quartier d’Eté 2010)