Léon Phal

Bodies & Ideas
Sortie le 25 septembre 2026
Label: Heavenly Sweetness / Sony Masterworks
En quelques années, le saxophoniste, compositeur et producteur Léon Phal est devenu l’un des musiciens de jazz les plus passionnants de sa génération. Après l’album Stress Killer, acclamé par la critique et le public, et un EP collab très remarqué avec le célèbre DJ et producteur de musique électro Folamour, sorti il y a quelques jours à peine, Léon prépare la sortie prochaine de son nouvel album chez Heavenly Sweetness/Sony Masterworks.
“Love beats Hate”. Un titre de morceau résumant à merveille l'état d'esprit du quatrième album du saxophoniste Léon Phal. Cet “amour triomphant de la haine” palpite tout au long d'un disque dans lequel on aime justement se “lover” pour essayer d'oublier pendant quarante-cinq minutes et quelques, les fracas planétaires qui nous entourent, et ainsi nous écarter un temps de ce cauchemar de science-fiction qu’est devenu le monde actuel. Traversée par des ondes “feel good”, quasiment palpables, cette oasis musicale luxuriante incarne une “safe place” rassurante. Figure de proue de cette nouvelle scène jazz française qui sait aussi faire transpirer le dancefloor à grands coups d'électronique et de hip- hop, le franco-suisse livre avec Bodies & Ideas, un manifeste somptueux où le jazz se fait rassembleur. Ici la virtuosité n'est pas démonstrative, elle n'est pas une affaire de spécialiste, ou une question de clés qu'il faudrait absolument posséder pour arriver à comprendre de quoi il retourne. En 2023, avec son album précédent Stress Killer, le musicien avait commencé à dynamiter les frontières musicales du jazz en le vivifiant par de grandes bouffées d'électronique et de groove. Avec ce nouvel album, il continue de creuser avec bonheur le sillon d'un classicisme déviant très personnel. On peut l'affirmer haut et fort, il existe bien désormais un univers Léon Phal, immédiatement reconnaissable, construit à partir d'une vocation vibrant au plus profond de lui. Et il le démontre tout au long de ce réjouissant Bodies & Ideas (clin d'œil à la version emblématique de ce standard de jazz interprété notamment par Coleman Hawkins) accompagné des fidèles Gauthier Toux (claviers), Zacharie Ksyk (trompette), Rémi Bouyssière (contrebasse) et Arthur Alard (batterie).

Un disque qui surprend d'emblée par sa pochette, référence à la Divine Comédie de Dante, mais également aux origines du saxophoniste, italien, par sa mère. Une volonté de renouer avec ses racines qui s'exprime aussi dans ce morceau en italien, “Murmulea” avec la chanteuse de Nu Genea, Fabiana Martone. Parmi les autres moments forts d'un album ultra sincère “100% organique, 100% analogique” et on rajoutera 100% sans IA, citons : “Pleine forêt” empreint de groove et d'une poésie fédératrice avec le rappeur Jungle Jack, “Give me a smile”, titre très joyeux et rassembleur avec un inédit côté gospel, ou encore “Past Dinner Time” où les resplendissantes mélodies sont parachutées dans un paysage cinématographique savamment orchestré. Une oeuvre traversée aussi par une interprétation plus sauvage et plus mature, avec de vraies prises de risque dans la manière de jouer tout en restant largement accessible au plus grand nombre. Un conseil pour celles et ceux chez qui le mot “jazz” agit comme un repoussoir : écoutez Léon Phal et sa “love vibration”, elle va peut-être changer votre vie. Oui, carrément.