Kamel El Harrachi

Nouara
Sortie le 5 mars 2021
Label: Kamiyad
Nouara, le nouvel album de Kamel El Harrachi prouve que le fils du créateur de Ya Rayah est plus qu’un héritier légitime. Fidèle au chaâbi, Kamel perpétue la splendeur de son nom  et impose son prénom.
Nouara, le nouvel album de Kamel El Harrachi prouve que le fils du créateur de Ya Rayah est plus qu’un héritier légitime. Fidèle au chaâbi, Kamel perpétue la splendeur de son nom  et impose son prénom.

Kamel El Harrachi a le chaâbi dans le sang. Cette musique populaire, née au début du 20ème siècle dans la casbah d’Alger s’inspire de la musique classique arabo andalouse. Son père en était l’un des symboles les plus vifs.

En chantant les espoirs et les vicissitudes du peuple Algérien et de ses émigrants. En y introduisant de nouveaux instruments comme la contrebasse ou l’accordéon, Abderhamane Amrani, dit Dahmane El Harrachi a ouvert les portes de la modernité à la musique chaâbi.
Kamel connu peu son père. Il est né en 1973, l’année où sortait le classique Ya Rayah, que Rachid Taha transforma deux décennies plus tard en hymne planétaire.

A partir de 1949, Dahmane vit le plus souvent en France, mais quand il rentre au pays il rattrape auprès des siens le temps perdu. Kamel en garde de jolis souvenirs, une derbouka rouge qu’il lui avait offert et des séances de musique communes face à un miroir où père et fils, pour s’amuser, s’imaginent être à la télévision. Il n’a que sept ans lorsque Dahmane est victime d’un accident de voitures.
A l’adolescence, Kamel s’enferme dans sa chambre avec sa guitare et les disques gravés par son père. Inlassablement il apprend à en reproduire les notes, à saisir les subtilités du style paternel, à assimiler sa poésie, cette parole vraie, poétique et sincère qui avait fait son succès. Le jeudi soir, Kamel arpente les rues de la ville pour écouter et étudier les chanteurs qui, à Alger, fêtent le début du week-end.
Au début des années 90, sa propre carrière démarre. Il enregistre un premier album et fréquente les plateaux de télévision. Il fait renaître le monde de son père auquel il ressemble, il séduit par sa voix veloutée et son jeu agile au luth mandole. Mais lors de cette décennie le pays tombe dans la guerre civile et les artistes sont des cibles privilégiées pour les intégristes meurtriers. A son tour Kamel rejoint l’hexagone où il fréquente la diaspora des musiciens. Kamel est l’héritier du roi du chaâbi. Il est légitimé par sa naissance, mais aussi par les avis sincères de maîtres exigeants, comme l’illustre Amar Ezzahi qui l’encourage à continuer ou le grand El Hachemi Guerouabi qui l’accueille pendant dix ans dans son orchestre.

En 2009 sort Ghana Fenou son premier disque international, une déclaration d’amour à l’œuvre paternelle qui en dévoile des chansons inédites et des compositions de Kamel. Cet album est accueilli avec enthousiasme et déclenche 5 années de tournées autour du monde.

Kamel ne se laisse pas brûler les ailes par ce premier succès, plutôt que de foncer tête baissé, il préfère prendre le temps de bien faire les choses. Il aime la vie, il aime les gens. Son travail d’éducateur dans un institut médico psychologique aide les jeunes à mieux s’en sortir et si sa musique apporte du baume au cœur à ceux qui l’entendent.

En 2019 il est prêt à revenir sur le devant de la scène. Il a choisi dans le large répertoire de Dahmane quelques chansons oubliées comme Ana Loughram, Ana El Moulough, Ghabou Enjoum, Bacherni Bel Khir ou Ya Nass El Hob, sa première chanson d’amour. Il revisite des morceaux plus connus tels Bahja Bidha, Sabhiya Khebarh ou Ya El Ghalet. Il écrit le texte Mayechkach sur la musique de Ana Hammi Yakfaini. Au centre de l’album deux chansons Mensabni et Mahalak Nouara attestent de la maturité de son talent d’auteur-compositeur. Kamel a aussi composé les somptueux arrangements qui concilient tradition et modernité. Il les a confiés à des musiciens hors pairs : Si Ali Oudane au banjo, Ferhat Bouallagui au violon, Reda Bouriah au piano, Djamel Bouzerar au tar, Nasser Oudane à la derbouka et Philippe Soriano à la contrebasse.

Nouara qui donne son nom a l’album peut se traduire par : Qu’est ce que tu es belle ! C’est un chant d’amour et d’espoir adressé à l’Algérie.

Avec Nouara Kamel El Harrachi, perpétue et enrichit son héritage. Grâce à lui le chaâbi est devenue une musique actuelle et intemporelle.

Benjamin Minimum