Jason Del Campo

Atlas
Sortie le 19 juin 2026
Auto production / The Orchard
Quelque part entre ses contemporains Nils Frahm et Philip Glass, le délicat Jason Del Campo distille sa musique cinématographique, en véritable touche-à-tout, le guitariste d’origine espagnole rejoint cette famille de compositeurs néo-classiques et post-minimalistes qui revendiquent une musique écrite vivante en bousculant les codes et les hiérarchies, entre musique savante et populaire.
Avec son nouvel album « Atlas », Jason Del Campo ré-invente la production de la guitare classique et dévoile un road-trip intérieur de douze pièces où l’infiniment petit côtoie l’infiniment grand : dans une proximité qui rappelle l’ASMR, on pose l’oreille au plus près de l’eau qui repose pour entendre le frottement de la peau sur les cordes, puis, immédiatement, on est submergés par le fracas des vagues instrumentales successives qui s’abattent.

Le guitariste ouvre ce voyage avec « Barcelona 24/7» comme un retour aux sources et à ses racines espagnoles. Une mélodie comme un mantra à fleur de peau qui revient par vagues successives et monte de plus en plus haut, comme un trop plein émotionnel qui déborde avant de s’échouer sur le rivage. Intime, sensible, cette ouverture donne le ton de l’album et de sa proximité radicale : on pose l’oreille au plus près de l’eau qui repose, et, entre le souffle et les notes, on écoute s’en aller et revenir le frottement de la peau sur les cordes.

Après ce premier témoignage qui rappelle l’urgence de vivre et de se rappeler, la courte éclaircie « Paseo » illustre parfaitement la recherche de mouvement du compositeur entre des vagues d’arpèges solaires et les silences qu’il choisit de partager.

On glisse sans s’en rendre compte vers « Wavin’ » dans une architecture chère à Jason Del Campo : des guitares, parfois de bois, parfois de métal, qui se répondent et sur lesquelles on frappe pour créer des percussions à la marge. Si l’on pense à Olafur Arnalds, c’est bien la première fois qu’on entend une guitare nylon capturée de cette manière : des notes, comme des gouttes, comme du coton. Harmoniquement, la nostalgie précède l’épique et un final orchestré chaotique qu’on tente comme on peut de dompter, et qui monte, jusqu’à la rupture.

Aussi à l’aise dans l’écriture de ballades que de musique concrète, le compositeur nous mène au silence si naturellement que les quelques notes de « Cuervos ouverture » hypnotisent immédiatement.

Dans « Cuervos », aux couleurs plus ibériques, Jason Del Campo poursuit ses recherches d’exploration de l’instrument. La guitare classique est ici détournée en violon singulier : jouées à l’archet, les superpositions de cordes frottées donnent un écrin jamais vu à ce récit tantôt aventurier, tantôt menaçant de ce cinquième titre.

Titre éponyme de l’album, « Atlas » pourrait presque synthétiser la démarche du guitariste. La mélodie est ici un chant, d’abord intérieur et sous-marin. On rassemble et son âme, et ses pensées. On respire, on se prépare. Puis c’est une tempête qui nous percute avec ses arpèges frénétiques, c’est une mer qui s’ouvre en deux, immense. Si le travail de Jason Del Campo évoque les épreuves à surmonter, il conduit avant tout, comme l’issue de ce titre, à la délivrance et la recherche de paix, dans l’absence et la contemplation.

Au vide abyssal succède « Sombra ». À la manière de Nils Frahm et de son titre « Ambre », Jason Del Campo témoigne d’une habileté à se livrer simplement. Un instrument solo dans une pièce pensée comme une sonate, dénudée, bousculée. Le chemin de la mélodie raconte les pulsions qui poussent à sortir des sentiers battus et à la nécessité d’explorer la part d’ombre propre à chaque être.




Écrite comme une lettre pour donner du courage et de la force à un proche, « Poe » et sa lente et torturée envolée donne toute sa substance cinématographique à l’album. Là aussi, si l’on croit entendre des superpositions d’orchestres, ce sont uniquement des guitares qui produisent cette matière unique. Issu d’une famille d'artisans, Jason Del Campo explore à son tour les matières à travers les sons qu’il crée. Au hasard, des scintillements de lumière comme des larsens, du métal martelé, et bien sûr, du bois. Celui de la résonance et du corps.

Petite bouffée d’oxygène, « Luces » est l’unique valse de l’album. Un peu de légèreté, de danse aussi, pour saisir la richesse du répertoire avant d’adresser avec « Madre » et « Take Care Ok! » un vibrant message.

Le guitariste y invite, presque directement, sa mère à prendre soin d’elle. Tournée vers l’autre, la mélodie revient inlassablement comme une prière qui répond aux arpèges égrenés, on croirait entendre de la pluie. Rapidement les nuages se dissipent pour introduire « Olvida ».

Inspiré du travail rythmique de Steve Reich, cette ultime pièce de guitare renferme pourtant toute la douceur d’une B.O. de Miyazaki : un ultime paysage pour rêver encore quelques instants, reprendre son souffle et revenir à la réalité.

« Atlas » est une confession aux couleurs multiples : entre les murmures et le minimalisme, on croise Debussy et les empreintes d’un cursus Jazz. En véritable touche-à-tout, Jason Del Campo rejoint cette famille de compositeurs qui revendiquent une musique écrite vivante en bousculant les codes et les hiérarchies, entre musique savante et populaire.
Quelque part entre ses contemporains Nils Frahm et Philip Glass, « le délicat Jason Del Campo distille sa musique cinématographique » (Radio France).

En véritable touche-à-tout, le guitariste d’origine espagnole rejoint cette famille de compositeurs néo-classiques et post-minimalistes qui revendiquent une musique écrite vivante en bousculant les codes et les hiérarchies, entre musique savante et populaire.

Ainsi, on le retrouve au cinéma derrière la bande originale de Atlantic Bar (Fanny Molins, Festival de Cannes 2022 - César 2024), au théâtre où il illustre Les Justes d’Albert Camus (Maxime d’Aboville - Molières 2015 et 2022), mais également dans Birdsland où il collabore avec la chorégraphe allemande Nadine Gerspacher.

Au centre de ses recherches et comme un fil rouge, il y a l’exploration de la guitare classique sous toutes ses formes.
Issu d’une famille d’artisans, Jason Del Campo explore à son tour les matières à travers les sons qu’il crée : les cordes sont pincées bien sûr, mais l’instrument est aussi frappé pour créer des percussions hors normes, frotté à l’archet pour créer un orchestre de cordes étrange et fascinant.

Si chaque génération de guitariste révolutionne à sa manière l’approche de l’instrument, Jason Del Campo ne déroge pas à la règle en inventant à son tour de nouvelles techniques de jeu pour raconter les bouleversements émotionnels qui le traversent : les deuils à surmonter, l’absence, l’amour qu’on accepte ou non et tout ce qui pèse sur nos épaules.

Avec son nouvel album « Atlas », il ré-invente la production de la guitare classique et dévoile un road-trip intérieur où l’infiniment petit côtoie l’infiniment grand. Dans une proximité qui rappelle l’ASMR, on pose l’oreille au plus près de l’eau qui repose pour entendre le frottement de la peau sur les cordes. Puis, immédiatement, on est submergés par le fracas des vagues instrumentales successives qui s’abattent. Entre mélodies sensibles et musique concrète,
« Atlas » est tantôt un écrin où l'on partage les silences, tantôt un chaos qu’on explore le cœur à nu.