Ivresses

A. Ghorbani & D. Hamdani / Le Sacre de Khayyam
Sortie le 17 Février 2011
Label : Accords Croisés
Ivresses, un éloge du vin d’après les quatrains du poète persan Omar Khayyam (extraits du recueil les “Rubaiyat”)

“Ne perds rien des doux moments de notre vie, Ne pense pas au lendemain de cette nuit. Prends du vin, il faut saisir les doux moments de notre vie”



ALI REZA GHORBANI : Chant persan
DORSAF HAMDANI : Chant arabe
ALI GHAMSARY : Composition, tar, divan
SOHRAB POURNAZERI : Kamanche, tanbur
SOFIANE NEGRA : Oud
KEYVAN CHEMIRANI : Zarb, udu, bendir
HUSSEIN ZAHAWY : Daf, darbouka, dayer
Textes d’Omar Khayyam
Musique d’Ali Ghamsary
Ode au destin, au vin et à son extase, les « rubaiyat », les quatrains du poète, philosophe et astrologue persan Omar Khayyam embrassent la notion de « l’ivresse ». Le savant associe le nectar aux voluptés d’une vie entre « ivresse et saine raison ». Ses lignes décrivent un amoureux « ivre, fou, absorbé par le vin, couvert de déshonneur » et invitent à se libérer de la honte et profiter de la vie avec joie. Cette poésie a irrigué l’empire perse, puis le monde arabe avant de rejoindre l’occident à partir du 19ème siècle.

Créé dans le cadre du Festival d’Ile de France par Accords Croisés en octobre 2010 et joué à guichets fermés, « Ivresses », réunit pour la première fois l’iranien Alireza Ghorbani (chant persan) et la tunisienne Dorsaf Hamdani (chant arabe) et nous permet d’entendre cette poésie dans un dialogue entre monde arabe et monde persan.

Alireza Ghorbani a déjà enregistré deux albums parus chez Accords Croisés, « Calligraphies Vocales » (2004), et un hommage au poète persan Rûmî intitulé « Les Chants Brûlés » (juin 2010). Il a également participé avec Ballaké Sissoko à la création de Keyvan Chemirani, « Le Rythme de la Parole », projet salué par la presse et également sorti chez Accords Croisés (2005).

Dorsaf Hamdani est une découverte pour le public français, mais elle est déjà une chanteuse reconnue en Orient, sollicitée par les plus grands maîtres de la musique arabe.

Le pari pour ces deux vocalistes d’exception est de créer, à partir de traditions différentes, des nouvelles formes musicales porteuses d’émotions plus fortes.

OMAR KHAYYAM De la Perse du XIe siècle nous est parvenu un chant particulier, celui d’un homme libre, à l’esprit emprunt d’universalisme et d’une lucidité sans faille sur son temps. Ce chant, nous le découvrirons par la rencontre inédite de deux grandes voix : l’une est porteuse de la tradition du chant classique persan, l’autre du répertoire traditionnel tunisien et arabe. Ce sont ses travaux sur l’algèbre puis ses fameux quatrains qui ont permis à Omar Khayyam de traverser les siècles. Mathématicien et astronome, philosophe et poète, il fait voyager sa pensée et ses vers de l’empire perse au monde arabe et jusqu’à l’Occident. Au cœur de sa poésie est l’ivresse, celle du corps et de l’âme. Le vin, fidèle compagnon, nous guide sur ce chemin, aiguise nos sens et fait naître l’extase. Poète de la spontanéité, Khayyam nous encourage à vivre intensément le plus infime des moments.
« Infidèle mais croyant », il divise encore aujourd’hui quant à l’interprétation de ses textes. Adepte de l’ivresse de Dieu, certains voient en lui un mystique proche du soufisme, quand d’autres ne peuvent imaginer la moindre allégorie dans le vin si souvent chanté. Au-delà de ces querelles, Omar Khayyam reste avant tout un insoumis, réfractaire à la pensée unique et à l’obscurantisme religieux. Dans une ivresse créatrice et hédoniste, il devise sur notre monde, un verre à la main...