Atine

Persiennes d'Iran
Sortie le 20 novembre 2020
Label: Accords Croisés
Être persane, ce n’est plus être d’un pays lointain. Cela fait bien longtemps que plus personne n’est complètement dépaysé par la musique classique d’Iran et bien longtemps, aussi, qu’on ne la contemple plus comme un monument qui devrait prouver qu’il est intouchable et intouché.
La musique d’Atine est une musique persane, bien du présent.
Être persane, ce n’est plus être d’un pays lointain. Cela fait bien longtemps que plus personne n’est complètement dépaysé par la musique classique d’Iran et bien longtemps, aussi, qu’on ne la contemple plus comme un monument qui devrait prouver qu’il est intouchable et intouché.

La musique d’Atine est une musique persane, bien du présent.

Cinq musiciennes arpentent une musique savante et populaire à la fois, sans s’encombrer de redites, d’imitations. Elles retrouvent aujourd’hui les ivresses des ghazals de Saadi, des poèmes de Cheikh Bahaï, des grands romantiques de l’ère Kadjar. L’ordonnancement raffiné de la musique persane, les ruissellements emmêlés du târ et du qanûn, l’agilité du tambour tombak, la noblesse profonde du chant sont ici moirés des reflets sombres de la viole de gambe européenne. Ce n’est pourtant pas une occidentalisation, ni une réactualisation, ni une subversion. Aucune note d’Atine qui ne soit persane. Mais c’est une Perse au sens large.

Au commencement, Paradoxe, un spectacle de Shahrokh Moshkin Ghalam créé pour le festival Mawazine, au Maroc, en 2019. Le danseur, acteur et metteur en scène, ancien pensionnaire de la Comédie-Française, réunit quatre musiciennes qui l’accompagnent dans son exploration des figures mythiques de la danse iranienne.

Il appelle Aida Nosrat, chanteuse et violoniste iranienne d’origine azérie qui a créé le projet Manushan, dans lequel l’âme persane navigue jusqu’au flamenco et au jazz. Elle fait signe à Sogol Mirzaei, virtuose du târ, le petit cordophone à long manche et à la caisse en forme de huit, et directrice musicale de plusieurs ensembles de musique traditionnelle persane, dans lesquels elle compagnonne souvent avec la percussionniste Saghar Khadem, qui les rejoint. L’ensemble est complété par Christine Zayed, musicienne palestinienne formée au conservatoire supérieur de Ramallah et à l’université de Paris 8, qui apporte son qanûn, la cithare à cordes pincées commune aux cultures persane et arabe.

Mais, au-delà du spectacle Paradoxe, les quatre musiciennes continuent de travailler ensemble. Elles conviennent qu’il leur manque des basses et qu’un instrument à cordes frottées serait idéal. Elles rencontrent Marie-Suzanne de Loye, gambiste baroque qui pratique également l’improvisation ou l’opéra contemporain, l’accompagnement théâtral ou la musique ottomane.

Toutes les cinq seront donc Atine, mot persan qui veut dire « réunies » mais aussi « inédit ». Comment faire plus explicite ?

Car le projet est de constater ce qu’est être persane aujourd’hui.
Aïda NOSRAT nait en 1983, à Téhéran. Elle débute ses études musicales à 6 ans et choisit de se concentrer sur le violon à 10 ans. Elle poursuit ses études de violon au niveau supérieur et étudie la musicologie à l’université. Dès l’âge de 17 ans, elle intègre l’Orchestre Symphonique de Téhéran. Elle jouera une dizaine d’années au sein de cet orchestre. Lorsqu’elle rencontre le guitariste Babak Amir Mobasher, qui deviendra son mari, elle commence à explorer avec lui l’univers gitan espagnol, pendant douze ans. Ils forment depuis le duo Aida & Babak, fusionnant ainsi chant persan, jazz, flamenco et autres vocabulaires musicaux venus d’ici et d’ailleurs. Ils sortent leur premier album « Manushan » en 2016 sur le label Accords Croisés, suivi d’une tournée mondiale.

Marie-Suzanne a étudié la viole de gambe auprès de Nima Ben David au CRR de Boulogne-Billancourt. Elle est diplômée d’un DEM de viole ainsi que d’une licence de musicologie de la Sorbonne - Paris 4. Au fil des rencontres, elle explore la plasticité de son instrument en collaborant avec des artistes d’horizons variés : musique baroque (L’Achéron, la Tempête, Marguerite Louise, le Concert Étranger, Tictactus, les Mouvements de l’Âme), danse baroque (compagnie Beaux-Champs), musique contemporaine (Lionel Ginoux, Jean-Pierre Seyvos, Zad Moultaka), création et musique expérimentale (Animal K), musique traditionnelle kurde (Rusan Filiztek), chanson française (Elie Guillou, Valentin Vander, Datura), conte (compagnie À demi-mot), poésie (compagnie Résonance)...

Interprète de târ et de sétâr depuis de nombreuses années, Sogol Mirzaei est aujourd’hui l’une des représentantes les plus reconnues du râdif, la musique savante d’Iran. Formée au conservatoire de Téhéran, elle a rejoint la France en 2006 pour entamer des études d’ethnomusicologie à la Sorbonne où elle poursuit actuellement un doctorat. Forte d’une expérience de concertiste au sein de différents ensembles en Iran où elle s’est produite dans les lieux les plus prestigieux, Sogol Mirzaei mène depuis 2011 sa carrière sur les scènes d’Europe (Salle Cortot à Paris, Alhambra de Genève, Festival Musicale del Mediterraneo), du Magreb (festivals d’Al Madina et de Mawazine) et d’Australie (Festival de Mona Foma), aussi bien en solo qu’avec le trio Chakâm qu’elle a fondé en 2014.

Christine Zayed est une étoile montante de la musique arabe classique et contemporaine, originaire de Palestine. Chanteuse acclamée et virtuose du qanun qu’elle étudie dès l’enfance à Ramallah, elle complète sa formation à Paris VIII tandis qu’elle présente à l’international son art en solo ou à travers de nombreuses collaborations.

Saghar Khadem grandit dans une famille d’artistes et de passionnés de musique et guidée par son arrière-grand-mère, elle a très tôt épousé l’art subtil du tambour calice iranien, le tombak. Elle a ensuite poursuit son enseignement avec les Maîtres Elham Farshchian et Pedram Khavarzamini et s’intéresse également par ailleurs à d’autres instruments de percussions emblématiques de la musique iranienne, le daf et le dayereh. Elle étudiera ensuite au Conservatoire National de Téhéran ainsi qu’à la Göteborg Music Academy en Suède avec la volonté d’explorer le domaine du rythme dans les cultures orientale et latine. S’en suivront plusieurs collaborations avec des artistes perses de renom et nombreux autres musiciens de cultures musicales diverses.