Si vous voulez goûter aux nuits de Conakry, quittez le centre vers la mer et laissez-vous conduire à Taouyah. C’est le quartier des clubs et des maquis. Arrivé au Bar de la Plaine, prenez votre plus bel accent marseillais et demandez le patron. Ba vous accueille de son meilleur sourire. Rien d’étonnant à ce qu’il connaisse les expressions de la “chourmo massilia” : du Vieux Port à la Plaine en passant par le Cour Julien, on l’a connu kora au dos et sur les scènes de tous les cafés-concerts de Marseille. Un peu de son âme est accrochée, comme un ex-voto, à la grande nef de la Bonne Mère. Il n’a pourtant jamais eu envie de faire sa vie ailleurs qu’ici, à Conakry. Expert de la nuit, Ba connaît les rendez-vous branchés pour musiciens comme le Transit. Son club favori du moment est le Foyer, la nouvelle boîte de Yaya Bangoura, un ancien de feu l’orchestre Syli Authentic. Il y apprécie l’ambiance bal poussière à l’ancienne, avec l’orchestre qui joue pour faire danser les gens. Le vendredi, il y vient faire le bœuf à la kora ou au tamani.