Zomba Prison Project

I have no everything here
Sortie le 16 mars 2015
Label : Six Degrees Records

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A l’été 2013, le producteur Ian Brennan (Tinariwen, Tv On The Radio, Lucinda Williams, Richard Thompson…), accompagné de son épouse, la photographe et réalisatrice italienne Marilena Delli, se rendent au sud du Malawi, non loin de la frontière du Mozambique dans l’unique prison de haute sécurité du pays dans le district de Zomba. Ils ont pour objectif précis de réaliser un documentaire et d’enregistrer un album avec une soixantaine de détenus, hommes et femmes. Le couple n’en est pas à son coup d’essai, ils ont déjà oeuvré au Rwanda, au Soudan, en Palestine ou encore au Kenya et enregistré un certain nombre d’albums dans ces contrées avec une volonté farouche d’apporter un éclairage sincère sur des terres musicales souvent inexplorées.
A l’été 2013, le producteur Ian Brennan (Tinariwen, Tv On The Radio, Lucinda Williams, Richard Thompson…), accompagné de son épouse, la photographe et réalisatrice italienne Marilena Delli, se rendent au sud du Malawi, non loin de la frontière du Mozambique dans l’unique prison de haute sécurité du pays dans le district de Zomba. Ils ont pour objectif précis de réaliser un documentaire et d’enregistrer un album avec une soixantaine de détenus, hommes et femmes. Le couple n’en est pas à son coup d’essai, ils ont déjà oeuvré au Rwanda, au Soudan, en Palestine ou encore au Kenya et enregistré un certain nombre d’albums dans ces contrées avec une volonté farouche d’apporter un éclairage sincère sur des terres musicales souvent inexplorées.

Construite au XIXème siècle pour accueillir 300 détenus, la prison est aujourd’hui surpeuplée et tente de gérer quelques 2000 âmes. C’est un ensemble de bâtiments d’une tristesse inouïe, Ian Brennan compare cet endroit à une usine digne des romans de Dickens. Ian et Marilena ont été autorisés à accéder aux parties les plus inexplorées du complexe, en échange d’ateliers sur la prévention de la violence qu’ils ont du mener avec les détenus et les gardiens. Ian Brennan donne des conférences depuis 1993 sur ces sujets. Il est notamment l’auteur de deux ouvrages, « Hate Less » et « Anger Antidotes ».

Le couple présent dix jours sur place, s’est peu à peu immergé dans cette pesante ambiance carcérale jusqu’à gagner la confiance de tous. De cette expérience unique ressort un projet étonnant, sans concession, au carrefour du militantisme, de l’action sociale et de la rédemption… Pour Brennan, la qualité et le message des ces chansons est aussi du à l’isolement carcéral, à fortiori dans ces conditions effroyables de détention. Cet album est une tribune, un formidable moyen d’expression pour tous ces détenus.

L’enregistrement et les prisonniers qui y ont participé : Il y’avait une énorme différence entre la prison des homme et la prison des femmes. Les hommes étaient organisés, un groupe de musique existait déjà, ils avaient des guitares, batteries, des basses et des claviers, et un générateur pour fournir de l’electricité et ils avaient une idée très précise de la manière dont leurs chansons devaient être enregistrées. Du côté des femmes, c’était les chaos, elles n’avaient aucun instrument mis à part quelques bidons bricolés à la hâte et aucune chanson écrite. Elles ne pratiquaient que le chant choral et la danse traditionnelle. Finalement elles se sont prises au jeu et on su proposer des mélodies incroyables au service de messages très personnels comme « I kill no more » ou « Good Bye All My Friends » dit Brennan. La plupart des détenus de Zomba sont condamnés à la prison à vie, certains pour meurtre ou vol, d’autres pour faits de sorcellerie ou d’homosexualité. Certains sont emprisonnés depuis des années en attendant un hypothétique procès.

Ils ont tous les âges. Le « leader » du groupe des hommes a été condamné pour un meurtre commis alors qu’avec son gang, ils ont attaqué un groupe rival pour leur voler leurs instruments de musique.

Au total ce sont plus de 60 prisonniers qui ont pris part à l’enregistrement de cet album baptisé « I Have No Everything Here ». Des hommes et des femmes âgés de 20 à 60 ans.

Les fonds levés par le projet (et qui ont servis notamment à prendre en charge des frais d’avocats) ont permis la libération de trois des femmes impliquées dans le projet et trois autres cas sont sur le point d’aboutir au même résultat avec l’espoir que cette tendance puisse s’étendre encore davantage.